Birmanie : politique étrangère et évolution intérieure
JAGAN Larry - ÉGRETEAU Renaud |
(Livre en anglais)
Nombreux sont ceux qui postulent à l’inéluctabilité d’une transition politique plus ou moins violente en Birmanie. La brutalité du régime, mais surtout son incapacité à encadrer le développement économique et social, créent de multiples tensions intérieures, relayées par des nations occidentales qui éprouvent généralement peu de sympathie pour la junte au pouvoir. Cette dernière a cependant quelques atouts à faire valoir. La Birmanie est membre à part entière de l’ASEAN et constitue pour la Chine un allié intéressant dans la perspective de ses relations avec l’Asie du Sud-Est comme avec l’Inde. Et sur le plan économique, le pays n’est pas seulement la plaque tournante du narcotrafic. Ses ressources naturelles comme son potentiel humain suscitent l’intérêt de plus d’un investisseur.
Ce programme doit analyser la manière dont la junte birmane gère ses relations avec le reste du monde. Il s’agit de mesurer dans quelle mesure l’étranger constitue pour Rangoun un danger ou un atout. On aura soin en l’occurrence de différencier ce qui relève de la conjoncture politique actuelle de ce qui s’impose à la Birmanie comme des contraintes structurelles.
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L'hydro-diplomatie du Mékong
AFFELTRANGER Bastien |
La ressource en eau s’inscrit, sur le Mékong, au cœur de multiples enjeux associant concurrence économique, luttes d’influences dans la sous-région et rapports de forces politico-militaires. Tout à la fois causes et conséquences, les valorisations du fleuve témoignent du paysage « hydropolitique » tissé par ces multiples enjeux. Le Mékong est ainsi moteur de la production hydroélectrique au Yunnan ; voie navigable pour les activités commerciales au Laos (ou transitant par celui-ci) ; atout stratégique pour le développement agricole du plateau du Khorat ; ressource pour l’irrigation et la pêche au Cambodge ; et enfin facteur de production agricole dans le delta du Viêt Nam.
Premièrement, l’espace du Mékong a été et demeure un lieu de rencontre d’idéologies : d’abord avec l’opposition Est-Ouest, ensuite à travers les différentes conceptions ou visions du développement régional. C’est notamment le cas des options techniques de mise en valeur de la ressource en eau – les acteurs en aval ne partageant pas nécessairement l’intérêt de leurs voisins en amont à construire un barrage sur un affluent majeur du fleuve.
La gestion de la ressource en eau oscille donc en permanence entre préoccupations hydrologiques, et enjeux économiques et géopolitiques. Ces tensions se reflètent dans la difficile élaboration d’un cadre de gouvernance à l’échelle du bassin versant.
La Mekong River Commission (MRC), qui réunit les quatre pays du Bas-Mékong (Laos, Thaïlande, Cambodge et Viêt Nam), est un mécanisme institutionnel établi en 1995 sur les bases d’un processus de coopération initiée dans les années 1950. Ce processus de coopération a survécu aux conflits régionaux, au prix de défiances encore perceptibles aujourd’hui.
Le but de cette étude est de présenter le paysage hydropolitique du bassin du Mékong. La gestion de la ressource en eau est choisie comme axe d’analyse.
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Le Rôle de la BAD dans le développement de la péninsule Indochinoise
FAURE Guy |
Réfléchir au développement de la région du Grand Mékong (GMS) constitue un des axes prioritaires des recherches de l’IRASEC pour les prochaines années. Dans un premier temps, l’Institut lance un travail sur les activités de la Banque Asiatique de Développement (BAD), acteur central du développement régional. Dans ce cadre, le projet d’ouvrage portant sur la BAD, organisation internationale peu étudiée, où les initiatives japonaises sont prédominantes, constituera la première étape d’une série de travaux consacrés au GMS.
Sur le plan disciplinaire, le thème touche de nombreuses spécialités, de l’histoire à la gestion, en passant par la géographie, la politologie, l’économie du développement, la finance, l’écologie, les relations internationales, ou encore le droit international.
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L’alter-révolution verte en Thaïlande
Le succès d’un développement agricole sur un mode extensif POUPON Roland |
Depuis la signature du traité Bowring entre le Siam et la Grande-Bretagne en 1855, la Thaïlande est restée un grand exportateur mondial de riz et de produits de la mer transformés. Pour autant, le pays a toujours suivi avec un certain retard les grandes innovations qui ont marqué le paysage rizicole mondial.
Ce programme doit explorer le paradoxe apparent entre deux caractéristiques tangibles de l’agriculture thaïlandaise : d’une part, elle est l’une des plus excédentaires du monde et sans contexte de l’Asie (la Thaïlande est le premier exportateur mondial de riz depuis 20 ans) et de l’autre, elle est l’une des moins productives (en Asie, seuls l’Afghanistan, le Bhutan et le Cambodge ont des rendement en riz inférieurs). D’un coté, elle a généré des fortunes dans l’industrie et le commerce agroalimentaire. De l’autre, elle aurait laissé dans le plus grand dénuement ses producteurs qui sortent tout juste de modes d’exploitation basés sur l’autosubsistance.
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L’Asie du Sud-Est après la crise
BOISSEAU du ROCHER Sophie |
| L’Asie du Sud-Est a traversé une crise très profonde que la presse généraliste n’a pas vu pour s’attacher aux résultats de taux de croissance qui n’indiquent au final, pas grand chose sur l’état des sociétés ou les fondements des équilibres politiques. Parfois, à travers les prises d’otage, les attentats qui ensanglantent la région ou les effets dévastateurs d’un tsunami meurtrier, un coup de projecteur, suivi d’une analyse plus détaillée, tente d’expliquer pourquoi la situation ne parvient pas à se redresser, parfois se détériore. Dans cet environnement asiatique qui se recompose, l’Asie du Sud-Est intéresse moins, intéresse peu. La crise asiatique est le produit de différents facteurs dont la conjonction s’est révélée désastreuse. Certaines analyses insistent sur les vulnérabilités internes quand d’autres estiment que les configurations externes ont joué un rôle prédominant. En fait, plusieurs logiques sont à l’œuvre qui expliquent d’une part la complexité des causes et des effets d’enchaînement et d’autre part, la multiplicité et la diversité des conséquences. L’objectif de cette étude est de comprendre comment cette crise à multiples entrées a été gérée par les Etats et les sociétés et quelles sont les évolutions lourdes qu’on observe aujourd’hui en Asie du Sud-Est. |
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L’Impact des évolutions démographiques sur le développement économique et social en Asie du Sud-Est
VORAVIDH CHAROENLOET - RAYNAUD Estelle - OUDIN Xavier |
Le processus de transition démographique en Asie du Sud-Est varie considérablement d’un pays à l’autre. Très avancé en Thaïlande où la fécondité est aujourd’hui inférieure à 2,1 enfants par femme, il est en cours au Vietnam où on peut noter un décalage entre les villes et le monde rural.
L’objet de cette étude et de mesurer dans quelle proportion les profondes mutations économiques et sociales que connaissent les sociétés sud-est asiatiques sont liées à ces évolutions ; de quelle manière leur développement est affecté par l’évolution à la fois quantitative et qualitative de leur population.
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Mondialisation et développement : le cas malaisien
VAN WASSENHOVE Juliette - LAFAYE de MICHEAU Elsa |
| Suite au succès de ses orientations de politique économique, la Malaisie soulève à la fin des années 1990 la question récurrente du modèle de développement : pour la Banque mondiale en raison de son insertion réussie dans la division internationale du travail, pour le Pnud par sa gestion des inégalités, comme pour certains auteurs hétérodoxes depuis sa réaction à la crise asiatique, la Malaisie apparaît sinon comme un cas de développement exemplaire, du moins comme une expérience politique et économique très suggestive. Il convient donc de donner les éléments de connaissance et d’appréciation de cette trajectoire remarquable. |
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Musulmans du Cambodge
Sous la direction d'Agnès de FEO |
Depuis les Accords de Paris signés en 1991 qui ont entraîné la pacification du pays et sa réouverture, de nouveaux mouvements islamiques ont fait leur apparition au Cambodge. Certains de ces mouvements ont pris racine comme l’islam des pays du Golfe par le biais des donations. D’autres ont complètement disparu.
De plus l’islam cambodgien s’est trouvé fortement fragilisé par le régime des Khmers rouges (1975-1979) qui a particulièrement persécuté les Chams par une élimination systématique des intellectuels, des chefs religieux et la destruction des livres. Aujourd’hui l’histoire de l’islam dans le pays est plus que lacunaire et provoque une sensation de déracinement qui peut expliquer l’engouement actuel pour les groupes islamiques venus de l’étranger.
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Triades en Asie du Sud-Est
LEVEAU Arnaud - CHU Yiu Kong |
| De toutes les diasporas et minorités présentes en Asie du Sud-Est, celle en provenance de Chine continentale est de loin la plus influente. Son importance démographique, la richesse de ses réseaux, son influence culturelle, économique et, dans certains pays de la zone, politique font peser sur elle toute une série d’interrogation. L’existence de réseaux informels et transnationaux, qu’ils soient d’entraide, familiaux, commerciaux ou autres a pu faciliter le développement d’activités criminelles. La présence de groupes mafieux d’origine chinoise et leur collusion avec le monde de la finance et de la politique constituent aujourd’hui une réelle menace pour la stabilité et la sécurité de l’Asie du Sud-Est, d’autant plus que ces réseaux mafieux tendent à nouer des relations d’affaires avec leurs homologues d’autres pays ainsi qu’avec des groupes séparatistes participant ainsi à la création d’une sorte d’« internationale du crime ». Aussi est-il important de mieux comprendre le fonctionnement interne de ces réseaux et groupes mafieux, d’essayer de déterminer les liens qu’ils entretiennent entre eux et leur adaptation à la nouvelle donne économique et politique de la région. |
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Cambodge contemporain
Sous la direction d'Alain FOREST |
| Trente années de guerre civile, une succession de régimes politiques antagonistes ou encore l’implication massive de la communauté internationale dans le processus de reconstruction, ont considérablement marqué l’identité du Cambodge. Grâce à la paix et à la démocratie, grâce à son intégration à l’Asean puis à l’Organisation mondiale du commerce, il a pu regagner sa place dans le concert des nations ; mais il cherche toujours ses repères et doit rattraper un gros retard économique, technologique ou encore sanitaire avec ses voisins thaïlandais ou même vietnamien. Le Cambodge, qui était une des nations les plus développées d’Asie du Sud-Est dans les années 1950, reste l’une des plus pauvres de la région. La très grande majorité des ouvrages publiés sur le Cambodge contemporain ne s’intéressent pourtant qu’aux Khmers rouges. Si le traumatisme du génocide est effectivement un élément fondamental pour comprendre le royaume, il ne suffit pas. Sous la direction de M. Alain FOREST (CNRS, université Paris 7), ce programme de recherche, qui engagera une vingtaine des meilleurs spécialistes français, cambodgiens et autres du Cambodge, débouchera sur la publication d’un ouvrage de référence qui présentera le Cambodge contemporain sur toutes ses facettes. |
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Politique intérieure : le Sud de la Thaïlande
Sukree LANGPUTEH - DUBUS Arnaud |
| L’étude s’attachera à analyser les dynamiques en jeu dans le Sud à majorité musulmane de la Thaïlande selon quatre dimensions : politique et de sécurité, ethno-culturelle, religieuse et économique. L’idée est d’indiquer des voies possibles d’apaisement des tensions en s’appuyant sur l’analyse des racines de la coupure entre les populations locales et l’Etat central et en prenant en compte les possibilités de développement économique et politique des trois provinces. |
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Tourisme et sexualité vénale en Thaïlande
ROUX Sébastien |
| La Thaïlande, autrefois mondialement réputée comme une destination sexuelle majeure, tente de redorer son image internationale. La législation évolue, les jugements moraux se transforment et une nouvelle éthique nationale est promue par les autorités afin de combattre une image aujourd’hui compromettante. Mais si « le tourisme sexuel » peut apparaître de façon consensuelle comme un véritable « problème social », il n’en demeure pas moins le résultat d’un construit dont il possible de retracer la généalogie. A travers l’étude en cours, il s’agira de comprendre quelles pratiques sont intégrées dans l’expression « tourisme sexuel » et comment cette définition mouvante a pu évoluer afin d’objectiver la diversité des prises de position sur la sexualité vénale et tenter, à travers elles, d’améliorer notre compréhension de la circulation internationale des valeurs morales. |
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Trafic de femmes vietnamiennes vers la Chine et Taiwan
GRILLOT Caroline |
Depuis le milieu des années 1990, en Chine continentale, les médias, les rapports de police et les observateurs internationaux se font l’écho de cas de femmes kidnappées, vendues, non seulement à des fin d’exploitation sexuelle, mais également en réponse à une forte demande d’arrangements matrimoniaux : on manque d’épouses en Chine. Cette réalité est l’une des conséquences de la politique de l’enfant unique mise en application en 1979.
Ces pratiques qui semblent renouer avec d’anciennes traditions de marchandisation des épouses s’organisent grâce à des réseaux interprovinciaux et internationaux. Ces derniers cas sont encore minoritaires mais apparaissent comme un phénomène qui prend de l’importance. Les femmes venues de Corée du Nord et du Viêt Nam se retrouvent en première ligne dans ce trafic. Pour les premières, le mariage constitue l’unique issue pour une survie économique dans un pays qui les considère comme des migrantes illégales. Quant aux secondes, les unions avec des paysans chinois sont généralement la conséquence d’un kidnapping suivi d’une vente.
Selon les autorités vietnamiennes, ces dix dernières années, 22 000 enfants et femmes vietnamiens auraient été trafiqués pour des mariages forcés en Chine. Toutefois, quantifier ce phénomène reste difficile et au delà des explications générales, la question reste de comprendre ce qui motive les acteurs de ces échanges.
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Atlas des minorités musulmanes en Asie orientale et méridionale
Sous la direction de Michel GILQUIN |
Le monde musulman en général et le monde musulman asiatique en particulier, connaît une crise d’identité profonde qui se décline sous forme de mouvements de reconfiguration du rapport au religieux, d’interpénétrations entre le religieux et le politique, de radicalisations diverses s’exprimant dans un registre religieux ou non, sur fond général de sécularisation et d’avancée des processus d’individuation.
En situation de minoritaire, cette crise d’identité se déploie en outre dans des cadres étatiques/nationaux où la culture dominante exerce une pression en vue d’une intégration/assimilation. Ce cadre rend davantage complexes les démarches visant à répondre aux défis de la « modernité », d’autant plus que le travail d’exégèse n’est plus désormais monopolisé par les oulémas traditionnels (dont l’autorité est contestée) et qu’une atomisation des lectures du corpus de référence (Coran et Hadith) est à l’oeuvre ; face à des islamités traditionnelles, souvent marquées par un relatif syncrétisme et par le mysticisme soufi, apparaissent des tentations d’instaurer un Islam normatif, standardisé, généralement adossé à une lecture très scripturale de la révélation coranique.
L’objectif de la recherche est donc de cerner, à côté de récapitulations statistiques indispensables (intégrant, dans la mesure du possible, des données de caractère démographique tant quantitatives telles que les taux de natalité par exemple, que qualitatives les migrations, les marqueurs spécifiques langues, coutumes), tout ce qui renseigne sur les processus en œuvre visant à affaiblir l’islam traditionnel, au sens des islamités vécues au quotidien par chacune de ces minorités.
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