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Des catastrophes naturelles au désastre humain

Conséquences et enjeux de l’aide humanitaire après le tsunami et le cyclone Nargis en Thaïlande et en Birmanie


Maxime Boutry et Olivier Ferrari
Irasec, Bangkok, juin 2009, 120 p.
ISBN : 978-611-90282-1-0
Langue française Texte français

Le tsunami de 2004 et le cyclone Nargis de 2008 qui, à près de quatre ans d’intervalle, ont touché l’Asie du Sud-Est ont donné lieu à la mise en place de centaines de projets humanitaires et de développement. Ils ont apporté de profonds bouleversements dans la région en révélant une multitude d’enjeux, qu’ils soient politiques, économiques ou culturels. Néanmoins, sur le terrain et dans les rapports et propositions d’action ces projets visaient bien entendu à aider les victimes des catastrophes, rendues vulnérables par les éléments naturels. Là où tout était détruit, il fallait reconstruire mais, rapidement, nous nous sommes rendu compte qu’il ne s’agissait pas uniquement d’une reconstruction, mais plutôt d’une véritable construction : à l’urgence suit le développement, auquel des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées confrontées du jour au lendemain. La question se pose donc : un développement pour qui et pourquoi ?

En observant la mise en place des actions dès le début, nous avons pu constater que les valeurs soutenues par les projets et la façon dont fonctionnait la réalité locale, complexe et efficace, n’étaient pas compatibles et que, dans certains cas, les conséquences de ces politiques de développement allaient devenir à leur tour catastrophiques, aboutissant à la création de citoyens de seconde zone n’ayant aucun autre choix que de se plier à la volonté de l’Etat et des ONG.

Il s’agit ici d’observer les conséquences qu’a pu apporter une aide trop intéressée, mais aussi d’en comprendre les raisons. Pourquoi tant d’ONG ou d’organismes de développement, en voulant aider les victimes, les ont accolées à une précarité qui, si elle n’est pas toujours économique, touche néanmoins à la conscience et l’expression de leur identité ?

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Table des matières

 

Introduction

 

1ere partie - De l’urgence au développement, les moyens et conséquences d’une ingérence

1 - La phase d’« Early Recovery », l’implantation des projets a long terme

En Birmanie, un entrisme politisé
Des enjeux économiques et fonciers

2 - La création de « communautés » : l’atomisation sociale de la région

Une cartographie imaginaire
Les « communautés indigènes » versus les « villages civilisés », les Moklen deviennent des appâts
Le morcellement de la société moklen en communautés : l’exemple de Tung Dap
Les communautés après le cyclone
Un cercle vicieux : les ONG et les kyé’zu’shin dans le delta de l’Irrawaddy

3 - Standards et indicateurs comme canevas d’un monde à refaire

Les conséquences d’une scolarisation forcée
L’imposition du pouvoir d’achat et la déstructuration sociale
La longévité, une quête universelle ?

4 - Des cultures dévalorisées par leur valorisation

La culture mise en vente, l’exemple du bateau moken

5 - Autodétermination ou nouvelle dépendance ?

6 - Des stratégies différentes pour répondre au même problème

 

2eme partie - Des enjeux que les catastrophes révèlent

1 - Les racines de la démarche

2 - En Thaïlande, un outil de contrôle du territoire et de la population

3 - La Birmanie, la communauté internationale et les ONG

Reconstruction et contrôle des populations
Endettement social : gouvernement birman vs ONG
L’aide et son ombre politique : un outil de contrôle sur, ou pour le gouvernement birman ?

 

Conclusions : l’implémentation d’une idéologie dans l’aide humanitaire en réponse aux catastrophes naturelles, une genèse holiste du monde

Bibliographie

 

Encart 1: la veuve et l’orphelin
Encart 2: Birmanie : posséder son bateau ou être employé ?
Encart 3: Thaïlande : le temple de Kura Buri raconté par un Moklen (extrait de bourdon et al. 2007)
Encart 4: Thaïlande : des dons qui endettent les Moklen