Rolling the dice with spice : the complexity and risks of ethnic minority livelihoods in Bát Xát district, Northern Vietnam
Auteur : Slack, Patrick
Sous la direction de : Sarah Turner
Université McGill
English text
Mots clés : Géographie, Vietnam, Agriculture, Minorités ethniques, Riziculture, Nord-Vietnam, Cultures hybrides.
Résumé
À travers les régions frontalières du Nord du Vietnam, les minorités montagnardes subsistant grâce à une agriculture semi-vivrière résident dans les marges géographiques, culturelles et économiques de l’État vietnamien. Certaines politiques mises en place par la République socialiste du Vietnam visent à « moderniser » et intégrer ces paysans issus de minorités ethniques à la fois dans l’économie de marché et vers des stratégies de subsistance « préférées ». Ces politiques encouragent les paysans montagnards à délaisser le troc et les activités économiques traditionnels tels que la culture et l’élevage de bétail à des fins de subsistance, pour s’investir progressivement dans le commerce et l’agriculture intensive. Cette transition implique le remplacement des variétés de riz et de maïs traditionnels et adaptés localement par des variétés hybrides, dont les graines doivent être achetées annuellement, et l’ajout d’apports agro-chimiques. Depuis que l’État a débuté la promotion de l’intensification agricole dans le début des années 1990, les paysans issus de minorités ethniques vivant proche des forêts se sont tournés vers la propagation et la culture de la cardamome noire (Lanxangia tsaoko) en tant que source de revenue préférée. La cardamome noire, et plus spécifiquement son fruit séché, est un produit forestier non ligneux utilisé dans la médecine traditionnelle et fait partie des épices les plus chères au monde. Cette thèse, basée sur quatre mois de terrain ethnographique complétés en 2018, examine les moyens de subsistance des minorités ethniques centrées autour de la cardamome noire dans le district de Bát Xát, au nord de la province de Lào Cai, au Vietnam. Tirant des concepts de l’écologie politique et des littératures concernant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance durables, ma thèse examine les stratégies de subsistance, de maintenance et d’adaptation employées par les foyers issus de minorités ethniques. J’ai recueilli des données à travers diverses méthodes : entretiens semi-structurés, conversationnels, en déplacement et groupés, ainsi qu’à travers des groupes de discussion, des histoires orales, et par l’observation ouverte des participants. Dans mon premier chapitre analytique, j’examine les éléments-clés constituant les portfolios des moyens de subsistance ainsi que de la sécurité alimentaire chez les minorités ethniques avant 2008, année précédant l’arrivée d’une série de chocs qui ont affecté les moyens de subsistance locaux. Je dépeins les moyens de subsistance traditionnellement composites que les paysans ont utilisés dans un contexte d’accès au marché limité, avant de mettre en évidence l’importance particulière de la cardamome noire dans le financement des cultures hybrides de riz et de maïs, améliorant nettement la sécurité alimentaire des foyers. Dans mon second chapitre analytique, je me concentre sur les chocs dont l’impact sur les moyens de subsistance des minorités ethniques s’accroît depuis 2008, spécifiquement la venue de nouvelles réglementations gouvernementales contrôlant l’utilisation des ressources forestières ainsi que l’augmentation de la fréquence d’événements météorologiques extrêmes qui restreignent ou détruisent les cultures de cardamome noire. J’analyse ensuite l’adaptation et la diversification des stratégies déployées en réponse à ces chocs, tels que la transition vers des emplois rémunérés, la silviculture, la culture de plantes médicinales, l’intensification des cultures de base, le commerce, la pêcherie, et la participation accrue dans l’industrie du tourisme. Je découvre que les moyens de subsistance des minorités ethniques ainsi que les notions traditionnelles de sécurité alimentaire sont restés résilients, et ce malgré les chocs limitant les apports de la cardamome noire. Toutefois, la durabilité de cette résilience demeure incertaine, puisqu’il n’y a pas de fin perceptible aux événements météorologiques extrêmes ni aux interventions gouvernementales peu serviables.







