Semaine franco-thaïlandaise du droit et de la justice : séminaire consacré à la lutte contre la pédocriminalité
Séminaire
Les 11 et 12 juin 2026, l’ambassade de France en Thaïlande a organisé un séminaire franco-thaïlandais consacré à la lutte contre la pédocriminalité, dans le cadre de la 3ᵉ édition de la Semaine franco-thaïlandaise du droit et de la justice et du 170ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Alors que des affaires tragiques ont récemment ravivé en France l’émotion collective et rappelé l’urgence absolue d’agir pour protéger les enfants, cette rencontre a réuni, sous l’impulsion du poste du magistrat de liaison et du service de sécurité intérieure, magistrats, policiers, universitaires, experts institutionnels et acteurs de la société civile autour d’un constat partagé : la pédocriminalité constitue indéniablement une menace transnationale, qui appelle une réponse coordonnée, rapide et résolue.
La première journée a porté sur le volet institutionnel et judiciaire. Représentants des autorités françaises et thaïlandaises, organisations internationales de protection de l’enfance et acteurs associatifs ont confronté leurs cadres juridiques, leurs pratiques d’enquête et les modalités concrètes de leur coopération. Les échanges ont mis en évidence une convergence forte des préoccupations des deux pays, qu’il s’agisse de renforcer les capacités d’investigation, d’identifier plus efficacement les victimes ou de fluidifier la circulation de l’information entre services compétents. Les intervenants ont rappelé que la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs ne s’arrête pas aux frontières nationales. Elle suppose en effet des canaux d’entraide judiciaire fiables, des points de contact identifiés et des procédures suffisamment souples pour suivre le rythme des auteurs, qui exploitent sans relâche les angles morts du droit international.
La seconde journée s’est concentrée sur le traitement des signalements et sur le rôle des acteurs techniques dans la prévention des contenus illicites en ligne. Les services d’enquête spécialisés français et thaïlandais ont détaillé les circuits de prise en charge, depuis le signalement initial jusqu’à l’orientation des victimes vers les structures d’accompagnement. Les interventions du secteur associatif et de l’écosystème numérique thaïlandais ont souligné le rôle décisif des plateformes : leur capacité à détecter, retirer et signaler les contenus pédopornographiques conditionne directement la rapidité d’intervention des forces de l’ordre. Les intervenants ont souligné que chaque heure compte dans ces dossiers sensibles. Ainsi, chaque jour de délai supplémentaire accroît le risque pour les enfants exposés, complique l’identification des auteurs et fragilise la chaîne probatoire.
Au fil des discussions, les participants ont rappelé l’ampleur croissante des menaces numériques : grooming, sextorsion, livestreaming d’abus, détournement de l’intelligence artificielle générative à des fins de production d’images d’abus sexuels d’enfants. Ces phénomènes, par nature transfrontaliers, exposent les victimes à des préjudices durables et défient les architectures de coopération traditionnelles. Le séminaire a confirmé qu’une réponse intégrée, articulant pouvoirs publics, forces de l’ordre, plateformes numériques et organisations spécialisées, conditionne aujourd’hui la capacité à identifier les victimes à temps et à poursuivre efficacement les auteurs. Réduire les délais de réponse, simplifier les voies d’entraide pénale, harmoniser les standards techniques de signalement constituent autant de priorités partagées par la France et la Thaïlande, qui structureront les coopérations à venir au service d’une exigence commune, protéger l’enfance partout et sans délai.








