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n°25 - L’essor de la culture des animaux de compagnie en Asie du Sud-Est

Couverture Note n°25Pana KANTHA
IRASEC, Bangkok
Août 2026, 19 p.
Langue française Texte en français

 

L’adoption récente et rapide de la culture des animaux de compagnie en Asie du Sud-Est ne relève pas d’une simple diffusion du modèle occidental, mais d’un processus d’appropriation et de reconfiguration au contact de structures sociales locales et de nouveaux modes de vie. Cet article analyse cette transformation à partir du concept de « modernités multiples », en montrant comment la culture des animaux de compagnie s’inscrit dans des sociétés marquées par la persistance du familialisme, malgré de profondes mutations démographiques, économiques et urbaines.

Dans ces contextes, les animaux de compagnie deviennent une nouvelle modalité d’investissement affectif, de soin et de responsabilité, intégrée à des imaginaires familiaux persistants plutôt qu’à une logique purement individualiste. Leur adoption révèle cependant l’émergence d’« économies morales » concurrentes, opposant différentes conceptions de la famille légitime, de l’allocation des ressources économiques et de la place des animaux dans les espaces partagés. Ces tensions se manifestent dans les politiques urbaines, les règlements de copropriété et les débats publics, mais favorisent également de nouvelles adaptations institutionnelles : infrastructures spécialisées, services professionnels et dispositifs réglementaires.

Loin d’une occidentalisation linéaire, la culture des animaux de compagnie révèle ainsi la capacité des sociétés sud-est asiatiques à transformer des pratiques globalisées selon leurs propres trajectoires historiques, produisant des formes singulières de modernité où les frontières de la famille et du soin sont progressivement redéfinies.

 

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Pana KANTHA est chercheur indépendant. Il est titulaire d’un master en sociologie et anthropologie de l’Université de Chiang Mai, où il a consacré son mémoire à la culture des animaux de compagnie dans la société thaïlandaise. La présente étude s’inscrit dans le prolongement de ce travail, qu’il élargit à l’échelle régionale. Ses recherches antérieures ont porté plus largement sur les relations entre humains et animaux, notamment sur le commerce transfrontalier de bovins dans la sous-région du Mékong, ainsi que sur les conceptions de la nature introduites à l’époque coloniale par les missions chrétiennes et leur influence durable sur la société thaïlandaise. Ses recherches actuelles portent sur les rapports de pouvoir et l’économie morale du tourisme lié aux éléphants en Thaïlande, dans le cadre plus large de ses travaux sur les politiques de conservation.